mardi 21 avril 2009

Lis tes ratures (1) : @ Comme Luis Régo mais avec mémoire @


Le roman d'une renarde !

_En France , un automne sur cinq ou six est à mirer . Les autres sont brumeux , humides et choux gras : toute la nature semble prête à pourrir ou déjà pourrissante , presque pourrite . Tristesse pesante , temps résigné pour le jour des morts ; on ajoute quelques chrysanthèmes ( puisqu'aucune aversion latine ) à la senteur funèbre et la littérature s'avance ..... De ma fenêtre , je vois une côte boisée : l'ombre _ il est déjà quatre heures , le soleil va bientôt disparaître _ monte déjà . Entre les sombres taches vertes des pins , une mousse d'or impur : feuillages des bouleaux au bout du rouleau , trop compressés , mêlé à l'or terni , brunissant des chênes . Puisque nous avons un bel automne , profitons-en , sortons ! Il ne fait pas chaud sur mon île ; rentrer , mettre un passe-montagne ? Bah ! en ce plat pays , les mains dans les poches .....De près , que l'herbe des bergers paraît déteinte , morne ( les feuilles tombées des poiriers sont déjà toutes noires ! ) Joli , ce cerisier aux feuilles d'or rosissant , bien pendues , immobiles . Mais je préfère le feuillage des hêtres ou ne pas hêtres ( sombre histoire d'oncle toubib ). Pas de comparaison possible pourtant entre le feuillage immatériel des cerisiers et celui des grands hêtres ou ne pas hêtres , si tristes , du bois qui prolonge le parc . Calme bouillonnement d'or brun , noble feuillaison ( j'allais dire floraison ) des hêtres ( car ils sont ! ) _ aucune de ces images banales ne me rend la sensation _ et comme tous ne brunissent pas de la même manière , quelle douceur variée ! Aux longues branches élégantes des marroniers , ( ce qui me faisait maronner ) , quelques feuilles d'ambre vibrent sur le fond vert des pins quotidiens . Le petit érable est intact ; loin d'être misérable entre tous car son or paraît le plus pur : un moelleux or jaune , égal et délicat . Le frêne voisin a encore ses feuilles , feuilles lépreuses paresseuses , tachées , mais leur forme est belle au bout des tiges roses . Sureaux que je n'aime pas : ni le nom , ni l'arbuste , ni même ses feuilles vert pâle et les grappes de petites baies luisantes qui paraissent mordorées . Voici les bouleaux . De loin , c'est comme une pluie d'or ; certains déteignent encore et leurs feuilles sont d'un translucide or vert . Un groupe de mélèzes balèzes , tabac blond..... Dans la clairière , les fougères sont déjà sèches , tandis que sous bois ( j'y bois trop parfois ! ) , elles pourrissent , affaissées , lamentables . Mais STOP ! Ce n'est pas en détaillant ainsi les teintes et les couleurs que je rendrai l'atmosphère ; (" atmosphère , atmosphère , est-ce que ............? " _Alphonse aperçoit , sur le chemin , son père qui revient de la tenderie aux lacets , le grand panier d'osier ( offert par Ozon ) où l'on met baies de sorbiers , grives givrées par froids durs et merles en bandoulière . Monsieur De Labas avance lentement ; rapetissant avec l'âge , il paraît de plus en plus gros ; malgré cela on ne lui donne guère ses soixante-six ans . Alphonse s'arrête net , puis s'enfonce dans le taillis pour ne pas le croiser . Quelques jours plus tard ( le onze novembre exactement ) : de ma fenêtre , sur la côte boisée de plus en plus brunissante , quelques bouleaux mettent encore des taches claires , tandis que les chênes moutonnent en un brun tirant sur le mauve . Le tilleul devant le château est presque dépouillé , mais l'orme _ comment ne l'avais-je pas remarqué plus tôt _ est une pluie d'or vert . Sortons ! ( Faut-il que je m'ennuie pour aller ainsi détailler les arbres . ) Aux marronniers , quelques feuilles sombres restent attachées et semblent planer . En revanche , l'érable a conservé ses grandes feuilles , encore jaunes , lumineuses , qui ont la forme du lierre . Tout cela dominé par les grands hêtres . Et rien ne manque au tableau , pas même l'écureuil roux grignotant une pomme de pin . Il faudrait essayer de tirer quelque chose d'autre de la banalité séduisante des thèmes d'automne . Une amie me parlait un jour des " descriptions actives " .Le charme des lieux communs existent pourtant . Et puis , ce bel automne , je le vois plus que je ne le sens , il me laisse trop maître de moi . Ce bel automne avec soleil tiède ( et ce léger froid qui rend agréablement frileux ) . Un automne dont les couleurs merveilleuses s'éteignent déjà , un automne qui s'achève et dont je n'aurai pas assez joui .

6 commentaires:

Cactus a dit…

à moi le premier vers donc , moi le père vert des Barbades ! du plus sérieux pour m'inaugurer ! ( une suite m'attend sur ce ROMAN D'UNE RENARDE )

zoé lucider a dit…

mais mon joli Cactus, enfin tu te mets à la portée de tes fervents admirateurs qui peuvent venir te tailler une bavette baveuse au lieu de se hérisser les yeux dans tes labyrinthes wizziens. Je n'aurai qu'un mot: chouette! Ah non c'est faible pour une inauguration. Reprenons yeah ! Ah non nous sommes en lit et rature et ces expressions minimales et bestiales ne sont pas de mise. Reprenons : géniâââl !
je n'y arriverai pas, je le sens, mon émotion est trop forte.
Je conclus en vérifiant et corrigeant mon orthographe paulédélienne

zoé lucider a dit…

je proteste, ton code de barrage pour le précedent était "rexcu" (sic)
Qu'est-ce qui m"attend pour celui à venir maintenant. Je me demande si je ne vais pas faire un poème d'une compilation de ces mots de barrage du pacifique

Cactus a dit…

@Zoë : TU inaugures donc mon nouveau bocal ! attends-toi à tout une fois ici ; sinon j'adore ton écriture Paulédélienne !
au fait , crois-tu que certains aussi reconnus que toi vont faire une pause " see see " ici eux aussi voire me laisser un petit com' ?

Zoë a dit…

Oui je vais te faire une super pub dans mon vent des blogs et les attirer dans ton antre de mon arbre à ton antre un clic !

Cactus a dit…

merci car là c'est le désert : avec mes tics et mes tocs c'est ok mais quand même :-)