mardi 9 juin 2009

ANNA , chronique ( 1 et 2 )

Anna , ras le bol !
Depuis qu'elle avait décidé de suivre les conseils de Cactus :
" tu sais , la coupe au bol t'irait très bien ! " , Anna , ras le bol !
( il lui avait pourtant donné de bons conseils : "pour faire une coupe au bol, tu prends un grand bol, tu le mets a l'envers sur ta tête, et tu coupes tout ce qui dépasse " ; par chance elle avait de toutes petites oreilles _ de gros orteils par contre même si ceci a peu à voir avec le sujet ici consterné et ses attributs _ . )
Alors Anna _logique , non ?_ décida de se lancer dans une chronique hebdromadaire ( c'est en fait en voyant Cécile De France en Dominique nique nique qu'Anna , après avoir demandé à Lyse , accepta le job à Tollérama , célèbre hebdromadaire plutôt à gauche )
Le jour de cette première chronique , elle but beaucoup de jus de raisin _ étant peu raisonnable_ , ce qui la perturba , tant elle était habituée à son jus d'ananas ; elle y parlerait d'Anagramme , dans sa première chronique .

Elle était très décidée , elle avait déjà sa tête de chronique , notre Anna mais ceci est une autre histoire que vous retrouverez ici demain car vous le valez bien !

demain déjà , donc :

Donc Anna , belle nana au fait qui ne manquait ni de jus ni de peps , était très décidée : pour la première chronique qu'elle voulait nickel Drôme ( elle habitait la Drôme , près de Romans , toute une histoire déjà , là , donc ) Anna se servirait d'anacoluthes pur jus d'Anna : en effet , venant juste de divorcer , une rupture voulue de sa construction syntaxique conservant non seulement le sens et la facilité de son incompréhension mais apportant surtout un avantage à ses expressions lui avait semblé devoir s'imposer :

ANAGRAMME , ANA , CHRONIQUE UNE !
ça y était elle l'avait , son début de chronique amère ( au fait , elle était la mère de douze enfants et pourtant d'amertume aucune ! ) Lui restait quand même à trouver la substantifique moelle épinière : elle pensait aux éventuelles critiques d'Annie , Anna , déjà qu'elle avait deux jours de retard ! ( " à Tollérama ils sont cool , tu verras " , lui avait-on dit ; vous me répondrez que les on dit , les on dit etc etc mais pour être honnête avec vous c'était en fait un bien nommé Coloranz _ pourquoi bien nommé , pensez-vous déjà ? à cause de ses cheveux rastas de toutes les couleurs , comme les couleurs de l'oiseau d'Hugues Aufray jeune , époque Bob Dylan ! _
( la suite demain )

9 commentaires:

Lajoe a dit…

Anna qu'à l'dire à sa mère, et pour que la Drôme adhère, elle doit chausser ses lunettes à Romans, et attendre le mot dit du coloranz : " ! "...

JEA a dit…

Le t'aime d'Anna ???

Cactus a dit…

oui JEA , l'anathème bientôt !
Lajoe , tu vas t jouer un rôle décisif bientôt !!

Cactus a dit…

sinon rentranr de l'hommage à BORIS VIAN ... NUITS DE FOURVIERE ......... déception ! heureusement qu'un DANIEL DARC défoncé fait décoller le tout vers la fin ; puis juste après du grand ARTHUR H ; sinon TRINTIGNANT très poignant dans " je veux pas crever " : le tout ne vaut pas 32 euros ( j'avais payé presque rien ) et une certitude : MANQUAIT VIAN !!!!!!!!!!

Cactus a dit…

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...

Boris Vian

Cactus a dit…

juste pour la nuit :
"L'écume des jours (extraits)

*** Colin se présente pour un emploi ***
- Alors?... dit le directeur.
- Eh bien, voilà!... dit Colin.
- Que savez-vous faire? demanda le directeur.
- J'ai appris des rudiments..., dit Colin.
- Je veux dire, dit le directeur, à quoi passez-vous votre temps?
- Le plus clair de mon temps, dit Colin, je le passe à l'obscurcir.
- Pourquoi? demanda plus bas le directeur.
- Parce que la lumière me gène, dit Colin.
- Ah!... Hum!... marmonna le directeur. Vous savez pour quel emploi
on demande quelqu'un, ici?
- Non, dit Colin.
- Moi non plus..., dit le directeur. Il faut que je demande à mon
sous-directeur. Mais vous ne paraissez pas pouvoir remplir l'emploi...
- Pourquoi? demanda Colin à son tour.
- Je ne sais pas..., dit le directeur.
Il avait l'air inquiet et recula un peu son fauteuil.
- N'approchez pas!... dit-il rapidement.
- Mais... je n'ai pas bougé..., dit Colin.
- Oui..., oui..., marmonna le directeur. On dit ça... Et puis...
(...)
*** Entre le sous-directeur portant un dossier sous le bras ***
- Vous avez cassé une chaise, dit le directeur.
- Oui, dit le sous-directeur.
Il posa le dossier sur la table.
- On peut la réparer, vous voyez...
Il se tourna vers Colin.
- Vous savez réparer les chaises?
- Je pense..., dit Colin désorienté. Est-ce très difficile?
- J'ai usé, assura le sous-directeur, jusqu'à trois pots de colle
de bureau sans y parvenir.
- Vous les paierez! dit le directeur. Je les retiendrai sur
vos appointements...
- Je les ai fait retenir sur ceux de ma secrétaire, dit le sous-directeur.
Ne vous inquiétez pas, patron.
- Est-ce, demanda timidement Colin, pour réparer les chaises que vous
demandiez quelqu'un?
- Sûrement! dit le directeur.
- Je ne me rappelle plus bien, dit le sous-directeur. Mais vous ne
pouvez pas réparer une chaise...
- Pourquoi? dit Colin
- Simplement parce que vous ne pouvez pas, dit le sous-directeur.
- Je me demande à quoi vous l'avez vu? dit le directeur.
- En particulier, dit le sous-directeur, parce que ces chaises sont
irréparables, et, en général, parce qu'il ne me donne pas l'impression
de pouvoir réparer une chaise.
- Mais, qu'est-ce qu'une chaise a à faire avec un emploi de bureau? dit Colin.
- Vous vous asseyez par terre, peut-être, pour travailler? ricana le directeur.
- Mais vous ne devez pas travailler souvent, alors renchérit le sous-directeur.
- Je vais vous dire, dit le directeur, vous êtes un fainéant!...
- Voilà..., un fainéant... approuva le sous-directeur.
- Nous, conclut le directeur, ne pouvons, en aucun cas, engager un fainéant!...
- Surtout quand nous n'avons pas de travail à lui donner..., dit le
sous-directeur.
- C'est absolument illogique, dit Colin abasourdi par leurs voix de bureau.
- Pourquoi illogique, hein? demanda le directeur.
- Parce que, dit Colin, ce qu'il faut donner à un fainéant, c'est justement
pas de travail.
- C'est ça, dit le sous-directeur, alors, vous voulez remplacer le directeur?
Ce dernier éclata de rire à cette idée.
- Il est extraordinaire!... dit-il.
(...)

Le vent se frayait un chemin parmi les feuilles et
ressortait des arbres tout chargé d'odeurs de bourgeons et
de fleurs. (...)
Le soleil dépliait lentement ses rayons et les hasardait, avec
précaution, dans des endroits qu'il ne pouvait atteindre
directement, les recourbant à angles arrondis et onctueux,
mais se heurtait à des choses très noires et les retirait
très vite, d'un mouvement nerveux et précis de poulpe doré.
Son immense carcasse brûlante se rapprocha peu à peu,
puis se mit, immobile, à vaporiser les eaux continentales et
les horloges sonnèrent trois coups."
(Boris Vian écumant jour après jour !)

JEA a dit…

Ce fut un délicieux gag.
Obtenir gratis pro deo le mess des officiers d'une ville de garnison pour y donner le Goûter des généraux...

Cactus a dit…

oui oui JEA ! tout mon amour virtuel pour vous , mon souteneur le plus fidèle !

Cactus a dit…

Sur la scène y'a l'silence tout habillé de noir Sur la scène y'a une'pute avec des yeux abstraits Sur la scène y'a le vent qui m'racont' des histoires Sur la scène y'a mon coeur qu'est prêt à chavirer Sur la scène y'a ta voix qui m'revient d'outre-mer Sur la scène y'a ton ventre et j'y meurs chaque soir Sur la scène y'a ton style et tes façons d'le faire Sur la scène y'a l'amour et mes façons d'y croire Sur la scène y'a mes clopes que t'allumes à ton slip Sur la scène y'a mes sous qu'on dépense comme des cons Sur la scène y'a des voiles qu'on prendrait pour nos nippes Sur la scène y'a que dalle avec quelques chansons Sur la scène y'a la mer qu'on prendrait pour la grève Sur la scène y'a du faux qu'on prendrait pour du vrai Sur la scène y'a l'soleil qui a le droit de grève Sur la scène y'a un mec qui s'est pas maquillé Sur la scène y'a l'automne et Dullin qu'on emporte Sur la scène y'a l'hiver et Molière qui fout l'camp Sur la scène y'a l'mois d'mai qu'attend derrière la porte Sur la scène y'a l'été qu'est mort voilà deux ans Sur la scène y'a l'Espagne qu'attend depuis quarante et qui fabriqu'des mômes pour se sentir moins seule Sur la scène y'a Danton le coeur sur la détente Tout prêt à r'fout'la merde avant qu'on r'ferme sa gueule Sur la scène y'a karl Marx et Wall Street dans sa traîne Sur la scène y'a la Bourse et l'âme des pauvres gens Sur la scène y'a la vie et l'espoir qui se traînent Et la mélancolie qu'a pas fait tout's ses dents Sur la scène y'a mon coeur qui bat ses camarades Et ma môme en coulisse pour bien se rappeler Sur la scène y'a le diable encor au Hit Parade Et qui bat les Beatles de quelques Variétés Sur la scène y'a des mots qui n'demand'nt qu'à s'placer Sur la scène y'a des airs qu'on l'air d'n'en pas avoir Sur la scène y'a la guerre et des fois y'a la paix Sur la scène y'a tout ça et y'a mêm' un anar Sur la scène y'a des gosses qui font le mois d'Marie Et qui mettent des pavés dans le tronc des connards Sur la scène y'a Jésus qui fume des Maruhani Qui s'prend pour un beatnik avant d'finir au quart Sur la scène y'a ma joie maquillée en musique Sur la scène y'a mon job qui a tout juste vingt ans Sur la scène y'a paname et sa claque et sa clique Sur la scène y'a mes chiens qui m'traînent depuis mille ans Sur la scène y'a une ombre avec une rime en ir Sur la scène y'a Pépée qui m'attend dans son trou Sur la scène y'a des mains qui battent des sourires DANS LA SALLE y'a l'public... c'est not' théâtre à nous. ( à Léo , tôt )